mardi 9 février 2010

Martine Aubry la femme sans tabou

Non Martine Aubry n'a pas décidé d'inscrire au programme du parti socialiste la promotion de l'échangisme mais elle a déclaré récemment qu'elle ne voyait pas pourquoi, dans le cadre de la réforme des retraites le parti socialiste s'opposerait à l'allongement à 61 ou 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite. Décidément Martine dépasse les bornes. Martine n'est pas comme les autres, Ovni de la gauche ou sous-marin de la droite centriste ? Martine dérange.

La première secrétaire du parti socialiste soulève une question qui une fois de plus permet à nombre de cadres du parti de se faire valoir et de ressortir leur bonne vieille rhétorique « la retraite à 60 ans est un droit, un acquis social, sur lequel on ne peut ni l'on ne doit revenir ». Il y a l'idéal et il y a l'économique. Argument maintes fois invoqué me direz-vous ? Certes. Mais les réalités comptables n'en restent pas moins des réalités. Il est vrai que l'Homme de gauche que je suis n'aime guère les chiffres et désirerait aller se la couler douce à 45 ans aux Maldives avec 4000 € de retraite par mois mais personne n'a encore trouvé le moyen de le faire.

Ainsi nos parents, oncles et tantes, enfants du baby-boom sont à la retraite ou ne vont pas tarder à l'être. Pour les plus jeunes de nos lecteurs, diplôme en poche vous commencerez à cotiser pour eux. Il y a dès lors trois solutions. Soit on maintient l'âge de la retraite à 60 ans et alors on développe la capitalisation, ce qui accroit le risque de se retrouver à la retraite ruiné par un trader fou, ou on accroît les cotisations et là nous serons immédiatement atteints par une charge supplémentaire avec tous les risques que cela fait peser sur les performances économiques françaises et les tensions sociales. Ou enfin on allonge la durée de cotisation et là on maintient la solidarité intergénérationnelle et on pérennise le système français en attendant des jours meilleurs.

Cette polémique autour des déclarations de Martine Aubry a le mérite d'avoir ouvert le débat au sein du Parti socialiste et de faire bouger les lignes sur un héritage glorieux mais poussiéreux.
Baptiste M.

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