mercredi 17 mars 2010

Des primaires à la française

Des primaires à la française

Martine Aubry l’a confirmé sur Canal + : entre Laurent Fabius, DSK et elle-même « on ne sera jamais en concurrence ». Fabius le disait déjà à l’antenne de France Inter la semaine d’avant : entre les trois socialistes « il y’aura une unité, même aux primaires ».
Sur internet on a aussitôt parlé de « troïka » à la française. Une nouvelle « magouille d’appareil » pour empêcher Ségolène Royal de mettre la main sur le PS (comme la surprenante coalition à Reims autour de la candidature d’Aubry). Troïka ? Sans doute. Magouille ? Peut-être trop dur pour un parti dont l’histoire est faite de discordes, mais aussi d’alliances. C’est cette éternelle recherche du rassemblement qui a fait la force du PS. En 1971 à Epinay, Mitterrand avait pu s’emparer du parti naissant en rassemblant Defferre, Mauroy et Chevènement autour de l’idée d’une alliance avec les communistes. Après sa victoire au Congrès, le parti était encore très divisé (il avait pu recueillir 43 926 voix contre 41 757 pour Savary), mais Mitterrand a su unifier au mieux le parti et s’imposer comme le candidat naturel à la présidentielle de 1974. La « synthèse » autour de François Hollande est dans la logique d’un parti qui cherche à rassembler sans jamais étouffer les divergences.
Contrairement à Ségolène Royal, prête à lâcher les siens (« S'il y a de la triche, je reprendrai ma liberté »), Martine Aubry a très bien compris comment fonctionnait le Parti Socialiste : elle pratique le jeu d’alliances. La capacité du candidat à rassembler devient essentiel dans une campagne présidentielle : Martine Aubry inaugurera sans doute en 2012 les premières primaires à la française.

Patrick. T

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