mercredi 17 mars 2010

Pour une écologie radicale et alternative!

« Je voudrais dire un mot sur toutes ces questions d'environnement, car là aussi, ça commence à bien faire » déclarait récemment Nicolas Sarkozy lors de sa visite au Salon de l’Agriculture. Si la phrase est évidemment à replacer dans son contexte – le chef de l’Etat (et de l’UMP) tentant de rassurer les agriculteurs, électorat traditionnellement favorable à la droite, à quelques jours du premier tour des élections régionales -, elle symbolise aussi cette idée d’une écologie à géométrie variable, soluble dans le système capitaliste et adaptable à l’idéologie productiviste et libérale, ne demeurant acceptable que tant qu’elle n’est pas contraire à la loi du marché et à la logique du profit. Une idée totalement absurde et paradoxale. D’un côté, on n’a jamais autant entendu parler de réchauffement climatique, de biodiversité, d’énergies renouvelables et de développement durable. Les thèmes environnementaux semblent plus que jamais faire consensus et tout se passe comme si être écologiste était brusquement devenu une seconde nature pour chacun d’entre nous, du simple citoyen triant ses déchets aux décideurs les plus influents de la planète. Les résultats des listes Europe Ecologie aux dernières élections européennes et dans une moindre mesure au premier tour des élections régionales ont matérialisé cette « vague verte » qui semble déferler sur la France et plus généralement sur la scène internationale depuis quelques années. Quand on repense aux débuts confidentiels de l’écologie politique née dans les années 1970 et à ses combats pour tenter de faire émerger la question environnementale dans le débat public, la première réaction pourrait donc être de se réjouir d’une telle prise de conscience. A trop se réjouir, on en oublierait pourtant l’essentiel : voilà une vaste supercherie idéologico-marketing. Vouloir faire croire que l’idéologie libérale actuellement dominante et le système socio-économique qu’elle sous-tend seraient compatibles avec des revendications écologiques me semble ainsi particulièrement pernicieux.
La « croissance verte », le « développement durable » ne sont finalement que la dernière trouvaille des tenants du système capitaliste libéral, subitement « néoconvertis » en chantres de la lutte contre le réchauffement climatique, afin de reverdir leur image et continuer à justifier auprès de la population un modèle socio-économique inique qui va droit dans le mur, tout en rejetant la responsabilité qui leur incombe sur l’ensemble de la population. En cela, les exemples du « Grenelle» et de la « taxe carbone » sont très parlants, avalisant un discours hypocrite et moralisateur qui se garde bien de sanctionner les vrais coupables. L’écologie ne doit plus se résumer à de belles promesses dans les programme, à des successions de mascarades inefficaces. De même, les revendications environnementales ne peuvent et ne doivent se passer d’une vision sociale globale, mettant l’humanité au cœur de sa réflexion, il est donc temps de refuser les compromissions et les renoncements qui vident l’exigence écologique de tout son sens. Il me paraît aujourd’hui urgent de repenser l’écologie politique au sein d’un projet alternatif et qui s’oppose frontalement au système capitaliste, un projet cohérent où « décroissance » et « taxation du capital » ne seraient plus des gros mots, où le consensus à trouver serait celui des peuples et non d’une minorité de décideurs soumis aux diktats de la finance et des multinationales. Un projet démocratique, en somme.

Maxime. B

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